CHARTE CONTRE LA DOULEUR

Hélas, de nos jours, de nombreux obstacles se dressent à plusieurs niveaux à la prise en compte et à la continuité des soins de la douleur en France.

Pour le Professeur J-C AMEISEN, président du Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE), « .../... Elle (la douleur) est une atteinte à la santé et au bien-être à laquelle il convient de remédier. Car ne pas soulager une personne frappée de douleur chronique c'est la soumettre par défaut à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Ce qui correspond à la définition de la torture ».

Or, la dignité humaine est mise à mal par la douleur !

La lutte contre la douleur est donc primordiale ; elle a d’ailleurs été reconnue comme une priorité de santé publique.
  1. Est-il besoin de rappeler que plus de 20% de la population soit 13 millions de personnes en France sont en proie aux douleurs chroniques avec, pour certains, des répercussions catastrophiques sur l'individu, son entourage immédiat et sur la société ?
  2. Est-il besoin aussi de rappeler que 44% des douloureux chroniques déclarent se sentir seuls dans leur combat contre la douleur et que les 2/3 se sentent anxieux ou déprimés ?
  3. Est-il besoin de reparler du fait que 45% des patients douloureux chroniques ont des arrêts de travail de plus de 4 mois par an ?
  4. Est-il besoin de souligner que près de la moitié des patients en médecine générale ne consultent que parce qu’ils se plaignent « d’avoir mal » et que plus de 21% ont des douleurs chroniques ?
  5. Est-il enfin besoin de signaler que les douleurs induites par nous-mêmes, professionnels de la santé, avoisinent les 15% ?

Pour ces raisons, depuis la création en 1976 de l’Association Française pour l’Etude de la Douleur (actuellement Société Française pour l’Etude et le Traitement de la Douleur –SFETD), nous menons, sans relâche, le combat pour que la médecine de la Douleur soit reconnue comme une discipline médicale à part entière.

Après une phase riche de promesses qui dura plus de vingt ans, au cours de laquelle des avancées notables ont vu le jour (recherche, enseignements, formations, structures douleurs, ...), la France marque actuellement le pas, avec un net recul dans le domaine de la prise en charge des patients douloureux.

De plus, à l’évidence, les plans douleurs et la loi du 4 Mars (loi 2002-303) relative aux droits des malades, dite loi Kouchner, semblent relégués aux oubliettes.

Un silence lourd et pesant s'installe désormais nous appelant à réagir.

Nous devons et nous pouvons tous ensemble nous unir pour défendre la pérennité de ce versant de la médecine menacé de disparition.

Dans de nombreux domaines, la rédaction d’une charte « document citoyen », l'adhésion à celle-ci, sa ratification et sa publication ont permis d’éveiller les consciences et d’améliorer les comportements et les soins.
L'association « La Douleur et le Patient Douloureux » (LDPD) rappelle, à travers La Charte Contre La Douleur, 20 commandements rédigés par un collectif d'experts pluridisciplinaires.
Aussi nous vous invitons à approuver La Charte Contre La Douleur en la signant car elle porte témoignage de l'engagement éthique, scientifique, déontologique et simplement humain de ceux qui y souscrivent dans le but de préserver les acquis d’une juste qualité des soins.

Votre engagement écrit, en ces temps difficiles, est plus que jamais précieux.

Nous vous en remercions d’avance

Docteur Pierre TAJFEL
Président de l'Association « La Douleur et le Patient Douloureux» (LDPD)



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